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Etude sur l’insalubrité : Les maires de Dakar, médecins après la mort

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Dakar n’est pas une ville attrayante, malgré les efforts de modernisation. Entre anarchie et indiscipline, faiblesse de l’Etat et problèmes de moyens, les municipalités ont du mal à imposer les lois aux citoyens. Lors de la «Restitution des consultations publiques sur le climat et l’environnement à Dakar», le maire de Grand Dakar, par ailleurs 5ème adjoint au maire de la ville de Dakar, met le curseur sur les urgences : «Le gouvernement du Sénégal doit prendre ses responsabilités face à cette situation qui continue de gagner du terrain. Il est important aussi de souligner que nous avons un problème d’occupation et de mentalité des populations.» Avec la forte natalité dakaroise, les maires espèrent une planification beaucoup plus pointue des investissements dans l’éducation et le civisme. «Le constat que l’ensemble des maires des 19 communes ont fait en est que l’Etat doit mettre les moyens, car la population s’agrandit de jour en jour. Mais aussi, il doit insister sur l’éducation au civisme parce que la plupart occupent anarchiquement les espaces. Et cette occupation ne facilite pas l’évacuation des eaux usées», déclare le maire de Grand-Dakar. Le constat des maires est certes accablant, mais leur impuissance l’est beaucoup plus. «Le Sénégal est confronté à d’énormes problèmes, car nous avons la baie de Hann qui en est un exemple patent. A cela s’ajoute l’érosion que nous constatons tout au long du littoral central de Dakar. Je vous invite à parcourir les rues et les communes de Dakar, vous comprendrez que nous avons de sérieux problèmes dans la ville. Le Sénégal doit cependant songer à utiliser d’autres stratégies pour régler ce problème», détaille Jean Baptiste Diouf.
Aujourd’hui, la ville de Dakar est polluée même si ça n’indigne personne. «Nos familles ne parviennent même pas à respirer un bon air, tellement l’atmosphère subit une pollution énorme. Il est tant que le gouvernement soit strict par rapport à cette question. Nous saluons au passage l’initiative du chef de l’Etat à faire du Sénégal un pays sans ordures. Néanmoins, le Président devrait impliquer les acteurs de base qui ont une influence directe sur leurs populations», souligne le 5ème adjoint au maire de la ville Dakar.
En tout cas, il a fallu que le chef de l’Etat lance les premiers coups de balai pour que tout le monde se rende compte que Dakar est sale. Alors que la deuxième édition de la Journée de nettoiement est prévue ce samedi, les 19 maires des communes de Dakar et les acteurs du développement durable semblent s’inquiéter de la situation actuelle. «Nous saluons les efforts consentis par l’autorité étatique, mais le chantier est vaste, car la plupart des communes sont confrontées à des difficultés pour ramasser les ordures, mais aussi la gestion des déchets pose problème. Malgré le travail que l’Ucg (Unité de gestion et de coordination) abat dans les rues de la capitale, vous conviendrez avec moi qu’il y a un véritable problème, car certaines personnes attendent que la voiture de ramassage passe pour après déposer anarchiquement les ordures», avoue M. Diouf. Que faire pour corriger ça ? «Les Sénégalais doivent changer de mentalité parce que l’un des plus grands problèmes de nos concitoyens est le mauvais usage des déchets. Les Sénégalais ne contribuent pas à l’amélioration des conditions de vie. Au fil des années, Dakar s’est agrandie, mais les politiques d’accompagnement font défaut et il va falloir changer les paradigmes. Nous sommes dans l’obligation de léguer à nos enfants un cadre de vie sain, car nos aînés nous ont préparés et il est opportun pour nous maires des communes de mettre l’accent sur cette question. Tout Dakar est malade du fait des ordures et des eaux usées. L’érosion et la pollution atmosphérique continuent de gagner du terrain et au niveau des communes, nous ne disposons pas de moyens pour mener le combat. Seul l’Etat peut régler cette situation. Au Sénégal, il y a trop du laisser-aller. Il faudra des décisions politiques et une approche participative des populations», explique le député-maire.
Ce rapport, initié par la mairie de Dakar sur l’environnement, sera remis aux autorités pour essayer de corriger les tares de la capitale.
Stagiaire

 

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