Ex-prostituée, elle devient la seconde épouse d’un commandant belge de l’EI

Derya O., une Allemande d’origine turque de 26 ans a longtemps fréquenté les Hells Angels avant de quitter l’Allemagne pour la Syrie. D’abord mariée à Mario Sciannimanica, un Allemand parti combattre pour l’État Islamique, la jeune femme a fini par divorcer et devenir la seconde épouse d’un commandant belge du groupe terroriste. Suivie pendant plusieurs mois par des journalistes de Bild, elle a accepté de raconter son histoire. Avant de partir pour la Syrie, Derya O., aujourd’hui âgée de 26 ans, a longtemps fréquenté les Hells Angels, qui la forçaient à se prostituer.

Malheureuse, tombée entre de mauvaises mains « à un âge où on est facilement impressionnable », Derya fait alors la connaissance sur Internet de Mario Sciannimacina, un Allemand parti combattre en Syrie. Ce dernier lui raconte à quoi ressemble sa vie au sein de l’État Islamique, et fini par lui confier qu’il n’est pas marié. « Ok, alors on va se marier », lui répond Derya.

Une première nuit « effrayante »

Deux mois plus tard, elle se rend en Turquie et intègre un réseau de trafiquants pour passer la frontière syrienne. « Quand j’ai vu Mario pour la première fois, avec sa barbe, sa tenue militaire et son arme, je l’ai trouvé beau ». Le couple passe alors sa première nuit dans une ancienne chambre de torture de l’EI. « Il y avait des chaînes qui pendaient au plafond, du sang sur les murs, c’était très effrayant ». Après avoir déménagé en Irak avec son mari, Derya donne naissance à leur premier enfant en 2015. Mais le couple se dispute souvent, et la jeune femme se rend rapidement compte qu’elle n’adhère pas à la vision de l’islam véhiculée par le groupe terroriste. « Moi je voulais juste aider les enfants syriens », explique-t-elle.

Fraîchement divorcée, elle part alors à la recherche d’un nouveau mari, qui lui sera présenté par sa meilleure amie. « Elle savait que son propre mari rêvait d’une seconde femme et elle ne ressentait aucune jalousie envers moi. Nous nous sommes mariés à Mossoul, puis nous sommes allés vivre à Deir Ez-Zor, à l’est de la Syrie, à trois ».

Cet homme, c’est le djihadiste Belge Abdelkarim Elouassaki – connu sous le nom d' »Abu Salahuddin Al-Belgiki » au sein de l’EI. La meilleure amie de Derya n’était autre qu’Amina Ghezzal, la mère originaire de Beverlo dont les deux petites filles ont été ramenées en Belgique ce mois-ci après une longue bataille juridique. « Je ne changerais rien » Après la mort d’Elouassaki, qui aurait été tué par un drone en mars 2016, Derya s’est remise en couple avec Mario. Mais ce dernier a lui aussi été tué par l’EI après avoir été accusé d’espionnage.

Alors emprisonnée en Turquie, Derya a été extradée vers l’Allemagne en 2017. Après avoir repris son travail d’escort, elle a finalement été arrêtée par les autorités allemandes en novembre 2018. « Si j’avais la chance de tout recommencer, je ne changerais rien. C’est ma vie, c’est mon destin, c’est comme ça. Si je n’étais pas allée là-bas, je n’aurais pas rencontré mon mari et je n’aurais pas eu mon fils », confie-t-elle. La jeune femme est actuellement en prison et fait partie des cinq membres allemands de l’EI qui sont rentrés dans leur pays d’origine après avoir fui en Syrie. Une enquête est en cours.

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