Modification carte électorale : A Touba, 15 000 électeurs risquent de ne pas voter

La récente modification de la carte électorale par le ministère de l’Intérieur, va à coup sûr entrainer des conséquences, et pas des moindres. Et sur les 53 000 citoyens sénégalais sur qui cette mesure va impacter, la cité religieuse de Touba compte pas moins de 15 000 électeurs qui pourraient ne pas accomplir leur devoir civique du fait de cette modification. D’où la préoccupation du président de la Ligue sénégalaise des droits humains (Lsdh).

«La crainte que nous avons aujourd’hui relativement à l’effectivité du droit de vote, c’est cette modification de la carte électorale. Plus de 53 mille électeurs sont concernés. Or, personne ne nous démontre le moyen qui a été utilisé pour informer ces 53 mille électeurs de ce changement et du fait qu’ils doivent restituer leurs anciennes cartes et aller récupérer leurs nouvelles cartes d’électeurs dans les nouvelles commissions», fustige Me Assane Dioma Ndiaye.

L’avocat trouve «inadmissible, irréaliste et irrationnelle qu’à dix jours de l’élection présidentielle, parce que le communiqué du ministère de l’Intérieur date de novembre 2018, qu’on attende la dernière heure pour informer d’une modification de la carte électorale. D’autant que nous connaissons tous l’état d’esprit des Sénégalais, même pour les emmener à retirer leurs cartes, il aura fallu plus d’une année. Aucun sénégalais ne fera ce déplacement et ces électeurs vont se présenter le jour du vote devant les bureaux qui sont censés être les leurs et ne verront pas leurs noms sur les listes».

Le patron de la Lsdh indexe l’État et le ministère de l’Intérieur. «Ce sera par la faute de l’organisateur de l’élection. Dans ce pays il faut que ceux qui organisent l’élection présidentielle soient au diapason et à la mesure des responsabilités qui pèsent sur eux, et qu’il n’y ait pas de suspicion légitime de nature à fausser l’esprit de cette élection présidentielle. Ces sénégalais risquent d’être privées du droit de vote, ce que la constitution garantie pourtant à tout citoyen sénégalais», dit-il.

«Et à Touba, poursuit Me Ndiaye, nous avons 15 mille électeurs qui sont concernés, sachant que là-bas ces gens ne sont pas forcément lettrés et par conséquent pas forcément informés. C’est un précontentieux qui est là et nous espérons que le ministère de l’Intérieur pourra faire les actions idoines pour remédier à tout cela. Le ministère de l’Intérieur doit très rapidement aller vers une campagne de sensibilisation et d’information, et au besoin qu’on publie la liste des électeurs concernés, localité par localité de manière à leur permettre dans le délai requis de pouvoir aller récupérer leurs nouvelles cartes».