Santé : Ce mal invisible nous concerne tous !

C’est un mal invisible qui touche celles et ceux qui abusent des écrans. L’Agence nationale de sécurité sanitaire travaille sur la question. Voici comment s’en protéger.

On passe beaucoup de temps devant un écran. Selon l’Onaps, l’observatoire national de l’activité physique et de la sédentarité, 80 % des adultes y consacrent au moins trois heures par jour (devant la télévision pour les plus âgés, l’ordinateur pour les plus jeunes), contre seulement 53 % il y a 10 ans. En plus des facteurs de risque « classiques » – obésité, difficulté à trouver le sommeil ou encore désocialisation – l’abus d’écrans peut avoir des effets néfastes sur la vue.

Qu’est-ce que la lumière bleue ?

Dans le spectre de la lumière visible par les yeux humains, celle que l’on qualifie de bleue est celle qui a la plus petite longueur d’onde… mais aussi celle qui dégage le plus d’énergie. Si sa source principale est le soleil, l’éclairage artificiel, mais aussi et surtout les smartphones, tablettes, ordinateurs ou téléviseurs désormais omniprésents dans notre quotidien viennent concurrencer l’astre solaire. D’autant que les écrans Oled et Amoled, dont les diodes émettent chacune leur propre lumière de façon plus intense que les modèles LCD (à cristaux liquides), équipent désormais massivement les smartphones et téléviseurs de dernières générations.

Si l’œil est un excellent filtre au rayonnement ultraviolet, il peine à faire barrage à cette lumière bleue, qui traverse cornée et cristallin avant d’atteindre la rétine.

Quel est le danger ?

L’exposition prolongée à cette lumière pose problème. L’Anses, l’agence nationale de sécurité sanitaire, qui prépare une nouvelle étude à paraître d’ici quelques semaines sur le sujet, pointait déjà en 2010 dans un rapport d’expertise un risque de « stress toxique pour la rétine ». Avec, potentiellement, un facteur favorisant une fatigue oculaire, des troubles du sommeil mais aussi l’apparition de la cataracte (vieillissement du cristallin) et de la dégénérescence maculaire (détérioration de la rétine)

Ces dangers sont surtout à craindre chez les enfants, dont le cristallin est plus sensible aux ondes courtes, comme celles de la lumière bleue, mais aussi chez les professionnels qui travaillent toute la journée le nez sur un écran.

Comment s’en prémunir ?

Grâce à quelques réflexes et bonnes habitudes à adopter. Pour le Dr Gilles Renard, directeur scientifique de la Société française d’ophtalmologie, il est « préférable de limiter le temps d’exposition aux écrans Oled et Amoled et les éloigner autant que possible des yeux des enfants ».

On incite également les ados, férus de jeux vidéo, à faire une pause d’au moins 15 minutes au bout de deux heures de console ou d’ordinateur. Autre conseil, valable pour tous les membres de la famille cette fois-ci : pas de télévision dans le noir total, mais toujours avec une petite lumière de faible intensité, placée idéalement derrière le poste, servant à contrebalancer le contraste de l’écran.

Les accros du smartphone peuvent utiliser une fonction désormais disponible sur les modèles les plus récents permettant de filtrer l’émission de lumière bleue. Sur un iPhone, il faut activer le « night shift » dans le menu « luminosité et affichage » des réglages. Sur Android, l’outil s’appelle « confort des yeux ».

On peut également choisir, surtout si on passe des heures devant un ordinateur, de s’équiper de lunettes spécialement conçues pour, elles aussi, filtrer la lumière bleue. Attention toutefois. Comme le révèlent les tests réalisés dans le dernier numéro du magazine Que Choisir, ces optiques n’ont qu’une efficacité très limitée. Les deux modèles passés au crible, disponibles à 39 euros, offrent un résultat « très décevant » selon le magazine, permettant de gagner seulement entre 14 % et 17 % de temps avant d’atteindre la limite de dangerosité.