SEYNABOU DIOUF, FEMME POLICIÈRE DE L’ANNÉE : « JE VOULAIS ÊTRE MÉDECIN… »

Désignée femme policière des Nations Unies de l’année, Seynabou Diouf a reçu son prix. Commandante au sein de la Police nationale sénégalaise et actuellement déployée au sein de la MONUSCO, la lauréate a été récompensée pour son travail dans la lutte contre l’exploitation et les abus sexuels en République démocratique du Congo (RDC).

A 60 ans, cet officier chevronné a acquis plus de 33 ans d’expérience dans la police de son pays mais également dans des opérations de paix au Darfour et au Mali.

Seynabou Diouf, qui a réagi, est d’abord revenue sur son parcours : « J’ai rejoint la police nationale le 15 octobre 1985. Et, je vais vous le dire, c’était avec un jour de retard. Ils avaient ouvert les classes le 14 octobre mais avaient oublié qu’il y avait une femme qui avait été recrutée cette année-là. Parce que, les années passées, ils n’avaient jamais recruté de policiers dans cet ordre des gardiens de la paix. Pourquoi ? Parce que, le corps de la police était ouvert aux officiers, inspecteurs et commissaires auparavant. Mais, ce corps a toujours été hermétiquement réservé aux hommes. Et cette fois-là, j’avais été recrutée. C’est le lendemain que quelqu’un a appelé pour dire qu’il y a une femme qui a été recrutée et qui n’est pas encore là-bas. C’est là que j’ai rejoint ».

Major de sa promotion

Interrogée sur ses motivations, elle a souligné être issue d’une famille de plus de 20 enfants. « Mon papa, qui était fonctionnaire, allait vers la retraite. Et, il était le seul qui soutenait toute la famille. Je voulais être auparavant médecin, j’ai fait des études jusqu’au Bac D qui me menaient vers ça, et des études brillantes, j’ai eu mon Bac avec mention. Donc, je me suis dit, il faut que je fasse quelque chose pour soutenir mon père. Je me demandais s’il fallait entrer dans l’administration sénégalaise. Ayant demandé des informations un peu partout, je voyais que le corps de la police, en uniforme, était ouvert aux femmes. J’ai déposé pour deux concours : Ceux des officiers et des gardiens de la paix. Et j’ai réussi au deuxième. Cela m’a beaucoup plu parce que c’était un corps qui, jusque-là, n’était ouvert qu’aux hommes. Il fallait quelques années auparavant avoir fait une formation militaire, dans l’Armée carrément, pour être gardienne de la paix. La formation était dure. Pour une femme, il fallait mesurer au moins 1 m 65, un homme, 1 m 80. Physiquement, c’était assez demandant. Cette année-là, Dieu a fait que nous avons eu que des « postulants » universitaires, (d’un niveau) Bac plus. Nous sommes passés et avons subi la formation. On est sorti à deux comme majors dont moi-même et un autre homme. Depuis lors, je n’ai cessé de vouloir apprendre et m’imposer un strict comportement pour donner envie aux jeunes femmes de rejoindre la police nationale sénégalaise.

Seynabou Diouf de poursuivre : « En 2005, pour rejoindre la Mission de l’Union africaine au Soudan ((African Union Mission in Sudan – AMIS), c’était un choix sur des profils. J’ai été contactée, et j’ai dit oui. Nous étions 49 à rejoindre le Soudan. On a fait 1 an et 3 mois mais je suis revenue en 2010 après un examen passé aux Nations Unies. Je suis restée de 2010 à 2013 au Darfour où on a fait beaucoup de choses par rapport à l’aide à apporter aux femmes sur le terrain ».

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