Un traitement contre le coronavirus inspiré de celui contre le paludisme ?

Un simple traitement à la chloroquine, médicament peu cher et sans danger, a montré des signes d’efficacité contre le Covid-19, mais des études complémentaires sont nécessaires
 
CORONAVIRUS – Un banal traitement à la chloroquine, médicament couramment utilisé contre le paludisme, a montré des signes d’efficacité contre le coronavirus, a assuré ce mardi 25 février Didier Raoult, directeur de l’Institut Méditerranée Infection à Marseille, en s’appuyant sur les résultats d’une étude clinique chinoise. Pour autant, de nombreux scientifiques rappellent qu’on est encore loin d’un traitement à l’efficacité prouvée.
« Nous savions déjà que la chloroquine était efficace in vitro contre ce nouveau coronavirus et l’évaluation clinique faite en Chine l’a confirmé », explique le professeur Raoult, spécialiste des maladies infectieuses, en commentant la première publication sur cette étude clinique de trois chercheurs chinois dans la revue BioScience Trends.
« Finalement, cette infection est peut-être la plus simple et la moins chère à soigner de toutes les infections virales », ajoute le directeur de cet institut hospitalo-universitaire très impliqué dans la détection du nouveau coronavirus en France.
Rien n’est moins sûr pour autant. Depuis le début de l’épidémie, les médecins du monde entier cherchent un remède, notamment en utilisant des antiviraux et autres médicaments connus pour marcher sur des virus proches du coronavirus Sars-CoV2. Des essais cliniques sur plusieurs d’entre-eux sont notamment en cours en Chine. Mais il faudra attendre des semaines avant d’être certain de l’efficacité d’un traitement et qu’il soit reconnu par les autorités sanitaires. « Il faut faire des études en laboratoire et sur des personnes, mais on est loin de pouvoir dire qu’on peut utiliser la chloroquine pour traiter les patients atteints du coronavirus », a rappellé sur BFMTV le professeur Olivier Bouchaud, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital Avicenne.

L’article publié en ligne le 19 février tire ses résultats d’un essai clinique mené dans plus de dix hôpitaux chinois (à Wuhan -épicentre de l’épidémie-, Pékin et Shanghai notamment) pour mesurer « l’efficacité de la chloroquine sur le traitement de pneumonies associées au Covid-19 ».
« Les résultats obtenus jusqu’à présent sur plus de 100 patients ont démontré que le phosphate de chloroquine était plus efficace que le traitement reçu par le groupe comparatif pour contenir l’évolution de la pneumonie, pour améliorer l’état des poumons, pour que le patient redevienne négatif au virus et pour raccourcir la durée de la maladie », précisent les chercheurs chinois.
La brève étude ne quantifie toutefois pas cette différence d’efficacité. « Les capacités antivirales et anti-inflammatoires de la chloroquine pourraient jouer dans son efficacité potentielle à traiter des patients atteints de pneumonies provoquées par le Covid-19 », poursuit l’article sur l’étude menée par les professeurs Jianjun Gao, Zhenxue Tian et Xu Yang, de l’université de Qingdao et de l’hôpital de Qingdao.
Voie à privilégier plutôt qu’un vaccin
Une nouvelle d’autant plus intéressante que « la chloroquine est un médicament peu cher et sans danger, utilisé depuis plus de 70 ans », insiste l’article. Selon les chercheurs chinois, un traitement de 500 mg de chloroquine par jour pendant dix jours serait suffisant.
Interrogé sur BFMTV depuis Rome sur ce traitement, le ministre français de la Santé Olivier Véran a assuré s’être entretenu à plusieurs reprises avec Didier Raoult: « Il m’a fait part de ses observations et des études qu’il mettait en évidence, que j’ai fait remonter à la direction générale de la santé qui est en train de faire toutes les analyses ». « On sait qu’il y a des études intéressantes en effet sur un impact in vitro mais les études sur le patient restent encore à déterminer », a encore dit le ministre.

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