Politique : L29-L30 Le délai expiré, El Malick Ndiaye peut désormais promulguer seul la réforme électorale
Le bras de fer institutionnel autour des articles L29 et L30 du Code électoral entre dans une phase inédite. Le délai constitutionnel de quatre jours francs imparti au président Bassirou Diomaye Faye pour promulguer la loi a expiré dans la nuit du mercredi 13 au jeudi 14 mai à minuit, sans aucune annonce officielle du Palais. En vertu de l’article 75 de la Constitution sénégalaise, cette situation ouvre la voie à une procédure inédite depuis l’adoption de la Constitution de 2001 : le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, peut désormais promulguer la loi d’office. Trois scénarios restent possibles ce vendredi : une promulgation tardive de Diomaye Faye, la mise en œuvre de l’article 75 par El Malick Ndiaye, ou une saisine surprise du Conseil constitutionnel. La loi n°11/2026 — portée par le groupe Pastef, adoptée le 28 avril à 128 voix, renvoyée en seconde délibération le 7 mai puis réadoptée le 9 mai — réécrit l’article L29 limitant à cinq ans les causes d’inéligibilité, et supprime l’article L30 qui rendait automatiquement inéligible toute personne condamnée à une amende supérieure à 200 000 FCFA. L’opposition y voit un texte « taillé sur mesure » pour Ousmane Sonko. Ce dossier juridique et politique sans précédent déchire également la majorité : Baye Mayoro Diop (coalition Diomaye Président) a accusé le Premier ministre Sonko et El Malick Ndiaye de « sabotage diplomatique » en organisant une réunion parallèle sur la dette cachée au moment même où Diomaye négociait avec le FMI à Nairobi.