Algérie : deux anciens Premiers ministres condamnés à 12 et 15 ans de prison pour corruption

La justice algérienne a condamné mardi pour corruption deux anciens Premiers ministres de l’ère Bouteflika, Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, respectivement à quinze et douze ans de prison dans un procès historique.

La justice algérienne a rendu mardi son verdict dans le procès pour corruption, historique, de deux anciens Premiers ministres de l’ère Bouteflika, jugés avec d’autres anciens hauts dirigeants politiques et des grands patrons. Un tribunal d’Alger a condamné mardi pour corruption deux anciens Premiers ministres, Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, respectivement à quinze et douze ans de prison, a indiqué l’agence officielle APS.

Ces deux anciens responsables de l’ère du président Abdelaziz Bouteflika, poussé à la démission sous la pression de la rue en avril, étaient jugés avec d’autres ex-hauts dirigeants politiques et des grands patrons. Abdeslam Bouchouareb, ancien ministre de l’Industrie, en fuite à l’étranger, a lui été condamné par contumace à vingt ans de prison, selon APS.

Une première depuis l’indépendance

Le procureur avait requis de lourdes peines d’emprisonnement contre les 18 accusés présents dans le box, poursuivis pour une série de malversations touchant le secteur automobile et le financement électoral « occulte » d’Abdelaziz Bouteflika, contraint en avril à la démission par un mouvement de contestation populaire inédit.

C’est la première fois depuis l’indépendance en 1962 qu’étaient jugés des dirigeants de ce rang, et pas n’importe lesquels.

Ahmed Ouyahia, 67 ans, fut quatre fois Premier ministre entre 1995 et 2019, dont trois fois durant les vingt années de présidence Bouteflika, et Abdelmalek Sellal, 71 ans, dirigea le gouvernement de 2014 à 2017 et quatre campagnes électorales du président déchu.

Le procureur avait demandé la même peine, vingt ans de prison, par contumace, pour Abdeslam Bouchouareb, ancien ministre de l’Industrie, en fuite à l’étranger, et l’émission d’un mandat d’arrêt international.

Les autres peines requises vont de huit ans d’emprisonnement jusqu’à quinze ans pour deux ex-ministres de l’Industrie, Mahdjoub Bedda et Youcef Yousfi. Sans compter la confiscation de biens de tous les accusés.

Vent debout depuis neuf mois contre le pouvoir, les Algériens sont appelés à voter jeudi 12 décembre pour une présidentielle rejetée par nombre d’entre eux, le scrutin étant perçu comme un moyen pour le régime de se régénérer.

 

Laisser un commentaire

Mettez votre commentaire
Mettez votre nom svp