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Dame agressée à Sacré-Cœur : les trois prévenus donnent leur version à la barre

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Le tribunal des flagrants de Dakar a jugé, ce vendredi, l’affaire de la dame ligotée, filmée et tripotée dans une maison à Sacré-Cœur. A la barre, les trois prévenus Moussa Diallo, Ibou Thiaw, et Babacar Ndiaye ont livré leurs versions des faits.

Marié et père de 3 enfants, Ibou Thiaw, poursuivi pour collecte et diffusion d’images contraires aux bonnes mœurs, outrage public à la pudeur et attentat à la pudeur, a contesté les faits qui lui sont reprochés.

Interrogé par le juge du tribunal des flagrants délits, renseigne Seneweb, il explique : « J’ai assisté à toute la scène. C’est une autre personne qui n’habite pas le quartier qui a tripoté ses seins. D’ailleurs, lorsque Abdou avait soulevé son boubou,  laissant apparaître ses seins, j’étais à ses côté. Et quand il a voulu la déshabiller, je lui ai interdit cela en lui disant que c’est une femme et on doit respecter sa dignité. Je fais partie de ceux qui l’ont attaché mais je ne l’ai pas filmé. Si je savais qu’Abdou avait l’intention de la tripoter, je n’allais pas la déshabiller. Je ne sais pas comment la vidéo a atterri sur le net.

De son côté, le deuxième prévenu, Moussa Diallo, reconnait avoir filmé pour rendre compte à la patronne Awa Camara de ce qui s’est passé dans son atelier. Cependant, précise Moussa : «  Je n’ai  filmé que son visage et non ses parties intimes. J’étais là-bas au moment où Abdou tripotait des seins. C’est par la suite que je lui ai demandé de la détacher. »

Pour Babacar Ndiaye, poursuivi pour  collecte illicite de données à caractère personnel, a aussi contesté les faits. Je l’ai filmé car je suis le chef d’entreprise. J’étais là-bas quand Abdou tripotait ses seins. Mais malheureusement, l’un d’eux m’a dit qu’il vérifiait si la dame n’avait pas porté de talismans. Elle m’a craché dessus et je lui ai donné un coup de pied.

Pour l’avocat de la partie civile, Me Tafsir Abdou Sy, dans ces vidéos, on voit une multitude d’infractions et il n’y a pas débat à la matérialité des faits. À un certain moment, révèle la robe noire,  ils ont  fouillé le sac de la dame  et ils ont trouvé sa carte d’identité. Ce qui revient à dire, selon Me Sy, que les prévenus ont bien identifié la dame ligotée.

«  Ces vidéos ont choqué tout le monde. Même si la défense tente de soutenir l’excuse de provocation. Ces agents ont voulu se venger, c’est-à-dire faire leur propre justice. Leur vengeance est un acte réfléchi, prémédité », soutient-il.

Ainsi, l’avocat de la partie civile a demandé, pour toute cause et préjudice confondus, le montant de 10 millions FCFA.

L’avocat de la défense quant à lui, s’est défaussé sur les diffuseurs des vidéos, le secrétaire exécutif d’Amnesty Sénégal, Seydi Gassama en particulier. Dans sa plaidoirie, Me Baba Diop de marteler : « Vous connaissez bien vos diffuseurs ! Seydi Gassama dit avoir diffusé la vidéo. Allez porter plainte contre lui. La collecte illicite, c’est ce qu’on devait retenir dans cette affaire. On ne peut pas se constituer partie civile quand on agit injustement ».

Au finish, le procureur de la République a distribué des fortunes diverses aux prévenus. Il a requis 1 an ferme contre Ibou Thiaw pour attentat à la pudeur et 5 ans dont 1 an ferme contre  Babacar, et  Moussa et une amende de 100 mille FCFA.

Le délibéré sera rendu le mardi 18 août prochain.

 

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