Accueil International Ibrahima Fall, un diplomate de carrière au chevet de la transition tchadienne

Ibrahima Fall, un diplomate de carrière au chevet de la transition tchadienne

Le diplomate sénégalais, Ibrahima Fall, nommé, mercredi, haut représentant de l’Union africaine (UA) pour la transition au Tchad aura, sans doute, besoin de son expérience au sein du système des Nations Unies pour réussir une mission de ’’quasi sauvetage’’ d’un pays en proie aux menaces suite au décès de son président, Idriss Déby, après une trentaine d’années au pouvoir.
 
‘’Conformément à la décision du Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union africaine lors de sa 996éme réunion tenue le 14 mai 2021, le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, a nommé ce 2 juin, le professeur Ibrahima Fall comme Haut représentant pour accompagner la transition en République du Tchad’’, a indiqué l’UA dans un communiqué d’officialisation de la nomination de Fall.
 
Le diplomate est ainsi chargé d’interagir avec tous les acteurs politiques et sociaux tchadiens ainsi que les partenaires internationaux en vue de mobiliser toute les ressources possibles pour le succès de la transition démocratique, consensuelle et pacifique du Tchad.
 
Une nomination, somme toute, logique au regard du parcours de l’homme, un diplomate de carrière. L’ancien ministre sénégalais des Affaires étrangères a par la suite été tour à tour, sous-secrétaire général des Nations Unies aux droits de l’homme, sous-secrétaire général des Nations Unies aux affaires politiques chargé de l’Afrique.
 
L’ancien candidat à l’élection présidentielle sénégalaise de 2012 a également été un temps sous-secrétaire général représentant spécial des Nations Unies pour la Région des Grands lacs, Envoyé Spécial de l’UA en Guinée, puis représentant spécial de l’UA pour la Région des Grands Lacs et chef du Bureau de Liaison de l’instance au Burundi.
 
Pour favoriser la réussite de sa nouvelle mission, le président de la Commission de l’UA a invité ‘’ ’’instamment tous ces acteurs à coopérer avec le Haut Représentant de l’union africaine, professeur Ibrahima Fall’’.
 
Une collaboration essentielle dans un pays devenu orphelin de son Maréchal, dont le maintien à la tête du pays avait jusqu’à sa mort pris des allures de garanties de stabilité en dépit des reproches que d’aucuns pouvaient formuler à son encontre en termes de gouvernance, de respect des droits de l’homme, et d’autres exactions.
 
C’est que le professeur Fall, teint noir, chevelure à la coupe afro, taille et corpulence moyennes, impose le respect et la considération dès le premier regard.
 
Les gestes posés, la mine à la limite de la froideur, Ibrahima Fall, Né en 1942 à Tivaouane dans la région de Thiès (Ouest), a été un des 14 candidats à la présidentielle de 2012 qui avait vu le triomphe de Macky Sall face à Abdoulaye Wade au second tour.
 
L’homme qui porte en bandoulière une riche carrière sur le plan national et international, revendiquait encore son parcours de ndongo daara (élève de l’école coranique), selon le portrait que lui avait consacré l’APS en 2012.
 
Sa prime enfance est marquée par l’éducation coranique reçue dans le Daara de Sokhna Rokhaya Malick, fille d’El Hadji Malick Sy, bien qu’il fût mouride, homonyme de Cheikh Ibrahima Fall.
 
Une étape de son enfance rythmée par l’apprentissage et la mémorisation du Coran, les travaux champêtres, les corvées domestiques, l’éducation religieuse rythmée par de fréquentes privations de nourriture et la mendicité.
 
Dans ses convictions, la mendicité a des vertus pédagogiques et formatives pour l’enfant. ‘’La mendicité est une question complexe qui relève de l’enseignement religieux, de l’éducation et de la formation à la vie puisque c’est un moment où on inculque aux jeunes un certain nombre de qualités’’, expliquait-t-il.
 
Marié et père de cinq enfants, M. Fall est né en 1942 à Tivaouane, dans la région de Thiès (ouest). Entre 1957 et 1963, il a étudié au lycée Faidherbe de Saint-Louis (nord), devenu lycée El Hadj Omar El Foutiyou Tall, où il obtient le Brevet d’études du premier cycle (BEPC) en 1960, et le Baccalauréat en 1963.
 
Après une licence en droit public en 1967 à la Faculté de droit et des sciences économiques de l’Université de Dakar, devenue Université Cheikh Anta Diop, il devient titulaire, en 1968, du Diplôme d’études supérieures (DES) de droit public de l’Université de Paris I Panthéon (Sorbonne), puis, en 1969, du Diplôme d’études supérieures (DES) de science politique, de la même institution académique.
 
En 1970, il est diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris, communément appelé Sciences Po, avec une spécialisation en relations internationales. De 1972 à 1974, il obtient un doctorat d’Etat en droit public (Université de Paris I Panthéon–Sorbonne), puis le diplôme de l’Académie de droit international de La Haye (Pays-Bas) et l’agrégation de droit public et science politique des universités françaises, à Paris.
 
Comme fonctions universitaires, de 1969 à 2007, il est successivement assistant de droit public à l’Université d’Amiens (France), chargé d’enseignement, maître de conférences agrégé, puis professeur agrégé titulaire à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.
 
De 1975 à 1990, il a occupé les fonctions administratives et gouvernementales suivantes : doyen de la Faculté des sciences juridiques et économiques de l’UCAD, ministre de l’Enseignement supérieur et ministre des Affaires étrangères, sous le président Abdou Diouf.
 
Ibrahima Fall est auteur de nombreuses publications scientifiques : ‘’Droit constitutionnel et science politique’’, ‘’La réforme constitutionnelle du 22 février 1970 au Sénégal’’, ‘’Droit constitutionnel et authenticité : le serment du président de la République’’, ‘’Sous-développement et démocratie multipartisane : l’expérience du Sénégal’’, ‘’Le rôle des partis politiques dans l’élaboration’’ et ‘’la diffusion du droit en Afrique et Droit international public et relations internationales’’.
 
Il a aussi écrit ‘’Contribution à l’étude du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes en Afrique’’, ‘’La reconnaissance de la Guinée-Bissau et le droit international’’, ‘’Des structures nationales de mise en œuvre du processus d’intégration en Afrique’’ et ‘’L’intégration en Afrique de l’Ouest : défis et perspectives’’.
 
Dans ses écrits figurent aussi : ‘’Des principes et modalités pratiques d’une mise en œuvre coordonnée de l’action des organisations internationales en matière de prévention des conflits’’ et ‘’Démocratie et développement dans la politique africaine de François Mitterrand’’.
 
Il est corédacteur du projet de Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, co-auteur de l’hymne de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), devenue l’Union africaine), coordonnateur et porte-parole de l’Afrique à la session spéciale des Nations unies consacrée à la situation économique critique de l’Afrique (1986), coordonnateur du projet de rapport du secrétaire général des Nations unies sur les causes des conflits et la promotion d’une paix et d’un développement durables en Afrique.
 
Ibrahima Fall est Docteur Honoris Causa de l’Université de Picardie (France), de l’Université de Fort Hare (Afrique du Sud) et président honoraire de l’Académie internationale de droit constitutionnel.

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