Kawteff – Confidences : « Je suis obligée de sortir avec des hommes que je n’aime pas »

Dans la bouillonnante banlieue dakaroise qui s’étant de Keur Massar jusqu’aux Parcelles assainies, les rues grouillent chaque jour de monde. Comme tous les soirs, invariablement, la banlieue entière est paralysée dans la fumée bleue des moteurs.

Une joyeuse pagaille : des taxis collectifs archibondés, de jeunes vendeurs d’articles de toutes sortes, de briquets, ou d’autres colifichets, des femmes avançant dans la poussière de la banlieue avec de larges plateaux remplis de fruits, de cacahuètes et de toutes sortes de produits sur la tête, des enfants qui courent partout, des cris, des klaxons.

Dans la vaste banlieue, bordée de boutiques, de gargotes et de « tanganas» de tous genres chaque jour, de jeunes femmes et des filles à peine sorties de la majorité divaguent. Il faut être un bon observateur pour se rendre compte qu’elles se livrent à un racolage qui ne dit pas son nom. L’histoire de la plupart d’entre elles se résume ainsi : elles ont quitté la campagne avec l’espoir d’une vie meilleure.

Oui, simplement pouvoir dormir dans un vrai lit et manger tous les jours. Avant, personne ne parlait de ce fléau qui touche la banlieue comme bon nombre d’autres quartiers de Dakar. Elles sont nombreuses à être prises dans les filets du commerce du sexe.

«Je suis obligée de sortir avec des hommes que je n’aime pas, pour pouvoir subvenir à mes besoins», se désole F. Thiam, une fille mère, la vingtaine un peu dépassée. «Cela me fait mal, mais je n’ai pas le choix», murmure-t-elle, dépitée.

À l’image de cette dernière, nombre de jeunes filles et des fois même des lycéennes et étudiantes de bonne famille font le trottoir, ou s’adonnent à la prostitution déguisée, comme par exemple, avoir beaucoup de petits amis en même temps.

Le risque est grand d’attraper le sida mais les candidates semblent n’en avoir cure.

Tribune

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