L’Ajs a reçu 161 cas de viol en 2021 contre 290 en 2020

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En 2021, 161 cas de viol ont été enregistrés jusqu’au mois de novembre, contre 290 en 2020. La loi criminalisant le viol et la pédophilie, qui a corsé les peines, allant de 20 ans de travaux à la réclusion à perpétuité, a, semble-t-il, freiné l’ardeur de certains hommes.

La loi criminalisant le viol et la pédophilie apporte les résultats escomptés. Même si ça reste encore timide, la courbe commence à fléchir. En 2021, l’Association des juristes sénégalaises (Ajs) a reçu dans ses huit boutiques éparpillées sur le territoire national, 161 cas de viol contre 290 cas en 2020. «On n’a pas encore cumulé les cas pour le mois de décembre. Donc, en ce qui concerne 2021, on a reçu 161 cas de viol. Si on regarde la tendance, on note qu’elle est baissière», soutient la Secrétaire exécutive de l’Ajs, Coumba Guèye Kâ.

En 2019, les statistiques ont révélé 668 cas de violences sur mineurs, 706 agressions sexuelles, 15 femmes tuées et plus de 1200 cas de viol. Le président de la République a promulgué le 10 janvier 2020, la loi n° 2020-05, criminalisant le viol et la pédophilie au Sénégal. Cette loi augmente la sévérité des peines encourues par les auteurs de viol et pédophilie.

Jusqu’ici, le viol était considéré comme un simple délit, passible de cinq à dix ans de prison. Désormais, les auteurs de viol et d’actes pédophiles seront jugés par la Chambre criminelle et risquent une peine allant jusqu’à la réclusion à perpétuité. De plus, la loi traite également des attentats à la pudeur, avec recours à la violence. Le Code pénal, dans son article 222-23, stipule: «Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, me­na­ce ou surprise, est un viol.»

Selon un rapport de l’Assemblée nationale publié en 2017, il y aurait plus de 250 000 victimes de viols ou tentatives de viol, chaque année. Les victimes de viol en sortent traumatisées, humiliées, déshonorées et parfois, stigmatisées. Elles en gardent souvent les séquelles toute leur vie. Ces souffrances sont à la fois physiques et psychologiques, allant des maladies sexuellement transmissibles aux troubles du comportement, en passant par la grossesse et la perte de l’estime de soi.

Avec la criminalisation du viol et de la pédophilie, un pas symbolique a été franchi pour bien situer le blâme sur le violeur, plutôt que sur la victime.

La criminalisation est en outre, un instrument de dissuasion des éventuels auteurs d’agressions sexuelles et au besoin, de punition très sévère en cas de passage à l’acte.

Dans un guide intitulé « Mon expert du droit », le viol est un crime puni de quinze ans de réclusion criminelle. La peine peut être alourdie à 20 ans de prison en cas de circons­tance(s) aggravante(s). Le viol incestueux et celui conjugal constituent donc des viols avec circonstance aggravante, pu­nis­sable d’une peine de prison de 20 ans.

Le viol ayant entraîné le décès de la victime, est puni d’une peine de 30 ans de réclusion criminelle. Si le viol a été précédé, accompagné ou suivi d’actes de torture ou de barbarie, il est puni de la réclusion criminelle à perpétuité.

Le Quotidien

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