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Le projet MARGULLAR explore le patrimoine sous-marin du Sénégal en quête d’un nouveau marché touristique

L’initiative inscrite dans le programme de coopération territoriale européen Interreg MAC 2014-
2020 a pour ambition d’étudier et préserver le milieu naturel du pays africain et de mettre en valeur
les sites archéologiques que cachent ses fonds marins
Natalia G. Vargas / Dakar
Chaque recoin de l’île de Gorée est empli d’histoire. Des dizaines de milliers de touristes
déambulent chaque année dans les rues où il y a deux siècles à peine des millions d’esclaves de
différents endroits d’Afrique étaient torturés, capturés, vendus et envoyés vers l’Amérique.
Toutefois, un patrimoine culturel encore non exploré se cache sous l’océan qui borde l’île et le
reste du Sénégal. C’est pourquoi le projet MARGULLAR, dirigé par le gouvernement insulaire de
l’île de Lanzarote (Canaries), et en collaboration avec la Direction générale du Patrimoine culturel
sénégalaise, a décidé de s’immerger et de mener un travail d’archéologie sous-marine de
préservation et conservation du patrimoine marin. L’initiative fait partie du projet strategique
Hexagone dans le cadre du programme de coopération territoriale Interreg MAC 2014-2020 et est
financée à hauteur de plus d’un million d’euros.

L’objectif est de « préserver le milieu naturel et culturel » et à la fois de « concevoir, créer et
développer un produit touristique différent grâce à la mise en valeur des sites archéologiques
sous-marins du territoire de coopération », comme l’indique la coordinatrice déléguée à
l’environnement du gouvernement insulaire de Lanzarote et porte-parole du projet, Rita Marrero.
« Nous pensons que l’île de Gorée est un bon endroit pour commencer à étudier les sites
archéologiques environnants, d’autant qu’il s’agit également d’un site déclaré patrimoine de
l’humanité par l’UNESCO », explique-t-elle.

Pour atteindre efficacement l’objectif, il faut une phase préalable de recherche et de formation.
« Au Sénégal, une grande partie des archéologues intéressés par le patrimoine culturel maritime
ne savait pas faire de plongée sous-marine », précise Rita Marrero. C’est pourquoi la première
action organisée à Dakar dans le cadre de MARGULLAR a consisté à proposer des cours
d’initiation à la plongée sous-marine à dix étudiants en archéologie de l’université Cheikh Anta
Diop.

Ce fut le premier pas nécessaire pour pouvoir réaliser le second cours, tenu en décembre 2017 et
dans lequel les stagiaires ont été formés à des techniques de prospections archéologiques sous-
marines par des instructeurs du Centre d’archéologie sous-marine de l’Andalousie. Pendant

quatre jours, ils ont reçu une formation théorique qu’ils ont ensuite mise en pratique lors d’une
plongée dans les sites de la baie de Dakar. Cela permet de renforcer la participation et
l’implication des professionnels dans le programme MARGULLAR. La collaboration avec le centre
andalou devrait être reconduite l’année prochaine avec un cours sur les fouilles sous-marines,
selon les indications de la porte-parole du gouvernement insulaire de l’île de Lanzarote, afin de
répondre à « la grande demande du partenaire sénégalais du projet ».

Cours d’initiation à la plongée sous-marine proposé à dix étudiants en archéologie de l’Université
de Cheikh Anta Diop / Source : www.margullar.com

Les stagiaires en train de travailler pendant le II e  Cours sur la prospection en archéologie sous-
marine organisé à Dakar / Source : www.margullar.com

Les stagiaires mettent en pratique leurs connaissances pendant le II e  Cours sur la prospection en
archéologie sous-marine / Source : www.margullar.com

Les partenaires de MARGULLAR se sont réunis en décembre dernier pour faire un bilan de
l’avancée du projet pendant sa première année de vie. Lors de ce rendez-vous, le directeur
général du Patrimoine culturel du Sénégal, Abdoul Aziz Guissé, a insisté sur le grand potentiel
dont bénéficient les eaux du Sénégal et de l’importance de former les archéologues afin de
pouvoir faire « un inventaire » de ce patrimoine qui permette de protéger, mettre en valeur et
même renforcer son attrait pour les touristes attirés par la plongée sous-marine.

Lanzarote sert d’exemple du pouvoir économique que représente la plongée ; en effet, en 2017,
l’île a accueilli 176 644 touristes qui ont pratiqué cette activité, facturant une moyenne de
41,7 euros par jour (27 353 francs CFA) avec un séjour moyen de 8,9 nuits, selon les chiffres
publiés par le Centre de données du gouvernement insulaire.

Madère, Cabo Verde et les Açores font également partie du programme MARGULLAR, et la
région des Açores a accueilli cette année les III e  Journées transnationales de travail du projet,
dans le cadre desquelles de nouvelles méthodologies communes pour le bon déroulement de
l’initiative ont été discutées. Le patrimoine culturel comme marque d’identité prend de plus en plus
de force. Ces journées ont ainsi été organisées dans le cadre de l’Année du patrimoine culturel
déclarée par l’Union européenne qui, sous le slogan « Notre patrimoine : quand le passé
rencontre l’avenir », visait à mettre en exergue la nécessité de transmettre aux prochaines
générations « la valeur universelle » du patrimoine présent dans « la littérature, l’art, les objets et
les histoires », en accord avec le principe fondamental de MARGULLAR, qui considère que ce
patrimoine « constitue l’héritage de notre mémoire historique ».

Synergies d’entreprises

Par ailleurs, CONFIÁFRICA est né dans l’intention de trouver de nouvelles opportunités d’affaires,
avec un budget de près d’un million d’euros cofinancé par le Fonds de développement régional
FEDER. Ce projet, dirigé par la Femete (Fédération provinciale des entreprises du métal des
nouvelles technologies de Santa Cruz de Tenerife), fait partie des initiatives du programme
Interreg MAC 2014-2020 qui vise à améliorer la compétitivité des PME du territoire de coopération
(Madère, Açores, Canaries, Cabo Verde, Mauritanie et Sénégal) et à créer les conditions qui
favorisent son internationalisation.
L’idée est de parvenir à un enrichissement mutuel permettant aux Canaries d’améliorer leurs
connaissances sur les marchés africains et aux entités de ce continent de renforcer leur capacité
à développer des services d’information et de soutien aux entreprises. À cette fin, le personnel
technique des chambres de commerce des territoires de coopération africains a reçu en octobre

dernier à Dakar deux jours complets de formation sur la réglementation des entreprises du secteur
automobile. Par ailleurs, ont été organisées une rencontre avec des entreprises des Canaries, des
visites d’ateliers mécaniques au Sénégal et la présentation du portail LICIRED, une plateforme qui
facilite la collaboration et le contact entre plusieurs entreprises pour accéder aux appels d’offres et
offres de marchés internationaux.

 

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