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LES SYNDICATS METTENT LA PRESSION SUR LE GOUVERNEMENT

Le front social, toutes couches confondues, se révolte en cette fin d’année. Les syndicats semblent vouloir se radicaliser afin d’obtenir, d’ici la présidentielle, des garanties sûres par rapport à leurs revendications.

Sels, And Gueusseum, Saes, Sytjust, ces syndicats intervenant tous dans des secteurs d’activités névralgiques, accélèrent la cadence en cette fin d’année pour exiger du gouvernement le respect de leurs revendications jusque-là non satisfaites. Furieux d’avoir longtemps exprimé leur courroux sans être entendus, ils ont décidé de se radicaliser au grand dam des citoyens sénégalais.

Hier, le Syndicat des travailleurs de la justice (Sytjust) a tenu un sit-in au tribunal d’instance de Thiès pour fustiger le non-respect des engagements signés avec le gouvernement, notamment les décrets qui portent sur les réformes statutaires, le régime indemnitaire et ceux relatifs à l’amélioration de la masse du fonds commun. Ne comptant pas s’arrêter en si bon chemin, les travailleurs de la Justice veulent refaire le coup, le mercredi 12 décembre prochain à partir de 11 heures, avec une marche nationale sur le boulevard du Centenaire, de la Place de l’Obélisque à la RTS.

Par cette manifestation, ils comptent exiger du gouvernement le respect de ses engagements et des termes du protocole d’accord qu’il a signé avec le Sytjust le 17 octobre 2018. Mais ce ne sont pas seulement les travailleurs de la Justice qui se plaignent au Sénégal. Les syndicats de la santé tapent sur la table du gouvernement depuis des mois, sans obtenir satisfaction. Et ils ont décidé de mettre les bouchées doubles. L’Alliance des Syndicats Autonomes de la Santé, ASAS/SUTSAS-SUDTM-SAT Santé/D//AND GUEUSSEUM, a lancé son 16ème plan d’actions, poursuivant ainsi son mot d’ordre de rétention des informations sanitaires et sociales. Elle boycotte également la campagne des maladies tropicales négligées (MTN), les activités de promotion et de prévention du Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP) et du Programme National de Lutte Contre la Tuberculose (PNT). Et dans son préavis de grève couvrant la période du 03 Janvier au 03 Juin 2019, And Gueusseum réclame l’ouverture de négociations sérieuses sur le Régime indemnitaire et l’application des accords.

Ainsi, dans la période du 03 au 07 Décembre 2018, And Gueusseum compte restituer tous les antigènes (vaccins) aux Médecins chefs de District ; restitution suivie de points de presse locaux. Déjà, une grève de 72 heures est décrétée sur toute l’étendue du territoire pendant 72 heures à compter d’hier, avec respect des urgences et abandon du service minimum. Une autre grève de 72 heures est prévue à partir du lundi 10 décembre 2018. And Gueusseum demande à ses membres de ne pas prendre et de ne pas signer les ordres de réquisition du fait de leur caractère arbitraire et abusif.

LES SYNDICATS D’ENSEIGNEMENT SECONDAIRE AFFUTENT LES ARMES

Pendant ce temps, le Syndicat autonome des enseignants du supérieur (SAES), après plusieurs alertes depuis le mois de juillet, a décrété un mot d’ordre de grève de 48h, les lundi 03 et mardi 04 décembre. Pour cause, le non respect du protocole d’accord du 15 mars dernier par le gouvernement. Mais surtout le refus du Trésor de respecter les engagements du Gouvernement sur la retraite, et notamment sur le fonds de solidarité, malgré les cotisations versées par les universités publiques depuis juillet 2018. Le Saes accuse le ministère de l’Economie et des Finances et du Plan de vouloir saboter l’enseignement supérieur et alerte sur d’éventuelles perturbations de l’espace universitaire.

Aussi, les universitaires dénoncent la violation de l’autonomie financière des universités publiques, avec l’application aveugle par le ministère de l’Economie des clauses d’un fameux programme «Sica Star conclu avec le FMI». Si les syndicats d’enseignement supérieur sont passés à l’action, les syndicats d’enseignement secondaire affûtent les armes. Le Sels de Souleymane Diallo a annoncé récemment le dépôt d’un préavis de grève depuis le 27 novembre dernier. Il réclame l’ouverture de négociations sérieuses sur 5 points de leur plateforme revendicative. Il s’agit de l’amélioration du statut des enseignants non fonctionnaires, des lenteurs administratives, des questions d’ordre pédagogique et financier. Il donne un ultimatum d’un mois au gouvernement pour démarrer les négociations. Et d’après nos sources, les autres syndicats d’enseignement sont en train de grincer des dents et peuvent à tout moment déclencher un grand mouvement d’humeur.

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