Mamoudou Ibra Kane : « Le FMI doit aussi assumer sa part de responsabilité »
Au lendemain de l’accord annoncé le 1er septembre autour d’un nouveau programme de 2,2 milliards de dollars, basé sur un plan de traitement de la dette du Sénégal, Mamoudou Ibra Kane appelle à regarder au-delà du simple soulagement suscité par cette perspective.
Pour le journaliste, cette situation est d’abord liée aux responsabilités des différents acteurs. Il pointe notamment les choix de l’actuel pouvoir, qu’il accuse d’avoir fragilisé le Sénégal dans un contexte électoral, ainsi que les manquements de l’ancien régime en matière de transparence sur l’endettement du pays.
Mais Mamoudou Ibra Kane concentre surtout ses critiques sur le rôle du Fonds monétaire international (FMI) dans l’affaire de la dette « cachée » ou mal déclarée. Il estime que l’institution ne peut pas se présenter comme totalement étrangère à la crise actuelle.
Selon lui, si des erreurs ont été commises dans la déclaration de la dette, les équipes du FMI doivent également s’interroger sur leur propre responsabilité dans le suivi et l’évaluation de la situation financière du Sénégal.
Mamoudou Ibra Kane dénonce ainsi une attitude qu’il juge trop désinvolte de la part de l’institution et de certains de ses responsables, alors que les conséquences de cette crise sont, selon lui, économiques, financières et surtout sociales, touchant directement la population sénégalaise.
Dans une comparaison plus large, il rapproche cette attitude de celle qu’il reproche à certains acteurs étrangers dans d’autres dossiers impliquant le Sénégal, notamment l’affaire ASER, ainsi que dans les transferts de joueurs africains vers les clubs européens.
Pour lui, au-delà de la restructuration de la dette, tous les acteurs ayant contribué, directement ou indirectement, à la situation actuelle doivent assumer leurs responsabilités.