Accueil Actualités Matam : « On nous appelle Corona ou cas communautaires » (Enseignants)

Matam : « On nous appelle Corona ou cas communautaires » (Enseignants)

A Doumga Ouro Alpha, un village situé dans le département de Matam, les enseignants disent être victimes d’une « stigmatisation inouïe » depuis leur retour de Dakar en prélude à la reprise avortée des cours, le 2 juin dernier. Ce, à cause des cas positifs de coronavirus notés parmi leurs collègues.
« Dans les rues les gens nous appellent Corona ou cas communautaires parfois d’un air taquin mais offensant. Les collègues se sont terrés chez eux depuis qu’ils sont arrivés. Même pour avoir une barre de glace, c’est un problème. Des qu’ils sortent, ils sont dévisagés. Nous sommes au devant de l’actualité », a regretté un d’entre eux à travers une déclaration envoyée à ses collègues.
Selon ce professeur d’anglais, il y a 2 jours, les choses ont dégénéré quand le chef de village a convoqué une réunion à l’issue de laquelle il a été décidé de rencontrer les enseignants pour leur dire de se faire tester, ce dimanche 7 juin, et que s’ils refusaient, ils seraient expulsés du village à partir de demain lundi, selon toujours son témoignage.
Il ajoute : « L’Infirmier chef de poste (Icp) a commencé à appeler les collègues pour leur parler de test car, dit-il, il y a eu des cas positifs parmi ceux qui avaient pris les bus Dakar Dem Dikk. Ce même Icp est même allé jusque chez une de nos collègues pour lui dire qu’elle devait se faire tester. Et pour convaincre la collègue, il a impliqué les voisins et la famille hôte. Conséquence, elle est plus stigmatisée et les villageois disent qu’elle est infectée ».
L’enseignant de préciser, par ailleurs, qu’ils ne sont pas contre les tests, mais ils déplorent la manière dont l’Icp, « bousculé par la population ou des autorités, a voulu procéder ».
 « Depuis hier (samedi), on ne parle que des enseignants. Certains sont même rentrés, d’autres le feront incessamment car il est plus prudent d’être avec sa famille que dans un village ou personne ne veut de toi même tes propres élèves », a-t-il fait comprendre. Dénonçant avec fermeté « le silence des autorités académiques et la légèreté de la réaction ou déclarations individuelles des syndicats face à cette stigmatisation ».

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