Ouattara : « Une mauvaise gouvernance peut entraîner l’intervention des militaires »

« Ceux qui sont au pouvoir doivent mieux tenir compte de la réalité, de l’évolution des pays ». C’est l’appel du président de la Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, face aux successions de coups d’État au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

Après la succession de coups d’État au Mali, la Guinée est aux mains des putschistes depuis le 5 septembre dernier. Il s’agit du troisième coup de force enregistré au sein de la CEDEAO, en l’espace d’une année. Une situation préoccupante pour la stabilité de la zone au bord du précipice du recul démocratique.

Interpellé sur la résurgence des militaires en quête de pouvoir en Afrique de l’Ouest, dans un entretien accordé à Jeune Afrique, le président ivoirien, Alassane Ouattara, n’a pas manqué de la condamner, soutenant que « c’est inacceptable. » D’ailleurs, a-t-il rappelé, « tous les chefs d’État de la sous-région l’ont dit lors du sommet de la CEDEAO, qui a d’ailleurs pris des sanctions. »

Faciliter la transition en Guinée

Dans ce sillage, a-t-il indiqué, « il est indispensable d’accompagner les Guinéens afin de minimiser l’impact de la transition sur les populations. Il faut revenir à l’ordre constitutionnel le plus tôt possible. » Mais, a-t-il relevé : « cela ne doit pas nous empêcher de procéder à une autocritique de la gouvernance dans nos différents pays. » Il en veut pour preuve : « une mauvaise gouvernance peut amener des militaires à intervenir dans le jeu politique, ce qui n’est pas souhaitable. » Ainsi, recommande-t-il, à ses homologues au pouvoir, de « mieux tenir compte de la réalité, de l’évolution de leur pays et de toutes les couches sociales, notamment de la jeunesse, ainsi que du développement équilibré de l’ensemble du territoire national ».

Au sein de la CEDEAO, la tentative d’un 3e mandat est souvent un élément déclencheur.

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