POLÉMIQUE AU SOMMET : le capitaine Seydina Oumar Touré tacle Ousmane Sonko sur la gestion du pays
La tension monte autour du débat politique et économique au Sénégal. Dans une publication au ton particulièrement offensif, le capitaine Seydina Oumar Touré s’en est pris à certains responsables politiques qu’il accuse d’avoir confondu l’exercice du pouvoir avec une quête de gloire personnelle.
« En deux ans, le pays a été bloqué par l’orgueil de certains qui confondent gouverner et se glorifier », dénonce-t-il. Une sortie qui intervient dans un contexte marqué par les débats autour de l’accord conclu avec le Fonds monétaire international (FMI), quelques jours après l’annonce d’un nouvel accord financier présenté comme une réponse aux difficultés économiques du Sénégal.
Une critique qui vise Ousmane Sonko
Même si Seydina Oumar Touré ne cite pas directement Ousmane Sonko dans sa publication, plusieurs médias et observateurs interprètent ses propos comme une attaque visant principalement l’ancien Premier ministre. Le capitaine reproche notamment à certains responsables de critiquer aujourd’hui la solution trouvée avec le FMI, alors qu’ils auraient, selon lui, contribué au blocage du pays durant les deux dernières années.
« Et aujourd’hui, ce sont les mêmes qui reviennent critiquer la solution trouvée avec le FMI, pour sortir le Sénégal du bourbier », écrit-il.
Thomas Sankara comme référence
Pour appuyer sa critique, Seydina Oumar Touré convoque la figure de Thomas Sankara, symbole de sobriété et d’engagement révolutionnaire en Afrique.
« Un vrai révolutionnaire se sacrifie pour le peuple. Il ne sacrifie pas le peuple pour lui-même », affirme-t-il, avant de rappeler l’exemple du capitaine burkinabè : « Le capitaine Thomas Sankara qui nous inspire vendait les Mercedes de l’État et roulait en mobylette. »
Une comparaison qui vise à dénoncer, selon lui, le décalage entre certains discours révolutionnaires et les pratiques qu’il attribue à des responsables sénégalais.
La charge sur les 8×8 et les Raptors
Le capitaine Touré poursuit sa charge avec une formule particulièrement incisive : « Ici, certains parlent de révolution en colonne de 8×8 et de Raptors, et nous demandent de mendier pour la cause. »
Cette déclaration fait rapidement réagir sur les réseaux sociaux et relance le débat sur le train de vie des responsables politiques, la cohérence entre les discours de rupture et les pratiques au sommet de l’État.
La sortie de Seydina Oumar Touré intervient également dans un contexte où l’accord avec le FMI suscite des débats au sein de la classe politique et de l’opinion publique. Certains y voient une nécessité pour stabiliser les finances publiques, tandis que d’autres questionnent ses conséquences et ses conditions.
Une polémique qui prend de l’ampleur
Ancien officier de la Gendarmerie nationale et actuel directeur général de l’Agence d’assistance à la sécurité de proximité (ASP), Seydina Oumar Touré est une figure connue du débat politique sénégalais. Son parcours est notamment marqué par son implication dans l’affaire Sweet Beauté, dossier dans lequel il avait été chargé de l’enquête avant sa radiation de la Gendarmerie nationale.
Sa nouvelle sortie risque donc de provoquer de nouvelles réactions dans le camp proche d’Ousmane Sonko. D’ailleurs, une première réplique est déjà venue de Waly Diouf Bodiang, proche de Sonko, qui a contesté les critiques du capitaine Touré et défendu le droit de débattre sur les termes de l’accord avec le FMI.
Le débat est désormais lancé : entre exigence de sobriété, responsabilité dans la gestion du pays et choix économiques face aux difficultés financières, la bataille politique autour de la « révolution » sénégalaise est loin d’être terminée.