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Réflexion sur le système éducatif sénégalais ou les options que Pr Doudou Ndiaye croit fondées sur….

Ces dernières années, des facteurs internes et externes ont induit des soubresauts quasiment endémiques dans le système universitaire sénégalais : grèves d’étudiants, d’enseignants, années invalides ou blanches, perturbations du calendrier scolaire, et morts d’hommes…. Des mutations ont mené à des réformes et décisions jugées indispensables à la survie du système : Concertation nationale, réformes des bourses, création de l’ANAQ Sup, orientation des bacheliers dans le privé, etc. Pour quels effets ? Notre confrère Doudou Ndiaye, professeur en communication, donne un éclairage sur cette crise et exprime des opinions qu’il croit fondées sur une observation attentive du système éducatif du Sénégal. Acteur et observateur de ce système, il croit pouvoir sans polémique, susciter un débat constructif.

L’auteur du livre, a d’abord reconnu que l’Etat a engagé de nombreuses réformes, parmi lesquelles, la Loi relative aux universités publiques adoptée en 2014 et qui ouvre les portes de l’université au monde socio-économique, à travers la création d’un Conseil d’administration de 20 membres, dans lequel le Président et le Vice-président viennent du monde de l’entreprise. Sur le plan pédagogique, Doudou Ndiaye a noté la mesure d’augmentation des frais d’inscription, le décret signé en mai 2015 par le chef de l’Etat, relatif au classement et à l’équivalence des diplômes. Ce qui confère désormais, à tous les titulaires de diplômes supérieurs reconnus par le Cames et l’Anaq-sup, aussi bien dans le public que dans le privé, le droit de participer aux concours publics, tels que celui de l’Ena ou l’accès à la Fonction publique. Il y a eu la loi portant sur la réforme des titres du personnel enseignant des universités qui simplifie les titres universitaires.

Désormais, il n’y en aura que trois : Assistants, Maîtres de Conférences et Professeurs. Toutes ces réformes sont l’émanation de la Concertation nationale sur l’avenir de l’enseignement supérieur (CNAES) organisée en 2013, suivie du Conseil présidentiel sur l’Enseignement supérieur et la Recherche d’où sont sorties 11 directives présidentielles. En ce qui concerne les effectifs, entre 2012 et 2018, le nombre d’étudiants au Sénégal a quasiment doublé, passant de 122 970 à 223 800. Mais, malgré la création de nouvelles universités publiques à Bambey, Thiès et Ziguinchor, la montée en puissance de l’université Gaston Berger et la contribution croissante du privé dans le renforcement des capacités d’accueil (30% des effectifs), l’absorption de ce flux important dans les universités publiques constitue un problème d’une grande acuité. L’université Cheikh Anta Diop, pour ne citer que cet exemple, est restée engorgée.

Ce bouillonnement dissimule une réalité plus amère : la baisse de la qualité. Tous les acteurs semblent unanimes sur ce point. Voilà le contexte et le prétexte de cet ouvrage. Il est le mélange d’une passion et d’un constat. Passion pour l’enseignement supérieur et constat de la déliquescence dans lequel ce secteur est en train de plonger, jour après jour…

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