Révision constitutionnelle : adoption houleuse, référendum annoncé
La séance d’hier lundi à l’Assemblée nationale restera dans les mémoires. La proposition de loi n°17/2026 portant révision de la Constitution a été adoptée par la majorité PASTEF à la majorité des 3/5 requise : 129 des 165 députés ont approuvé le texte, l’opposition ayant boycotté ou déserté l’hémicycle. Ousmane Sonko a rejeté les amendements proposés par le gouvernement, défendus par le ministre de la Justice.
La séance a viré au chaos : des éléments du GIGN ont fait irruption dans l’hémicycle pour évacuer de force le député d’opposition Abdou Mbow, réfugié au pupitre du président de l’Assemblée pour bloquer les débats. Bousculé par des députés de PASTEF avant d’être empoigné par les gendarmes, la scène diffusée en direct a provoqué une vague d’indignation. L’opposition a déserté l’hémicycle dans la foulée.
Devant le Parlement, des manifestants rassemblés par le collectif Aar Sunu Constitution ont été dispersés par les forces de l’ordre. 18 personnes ont été interpellées, dont Babacar Bâ (Forum du Justiciable) et Thierno Bocoum (parti AGIR), avant d’être libérées en soirée. Alioune Tine a dénoncé des « arrestations arbitraires ».
Dans la foulée, Sonko a annoncé transmettre « immédiatement » le texte au président Diomaye Faye, qui a décidé de le soumettre au référendum, conformément à l’article 103 de la Constitution. Aucune date n’a encore été fixée pour cette consultation populaire.