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Italie: l’ambitieux Conte dit « ciao » à l’Inter championne

Antonio Conte refuse la cure d’austérité: en désaccord avec une baisse des ambitions de l’Inter Milan, le bouillant entraîneur s’est mis d’accord mercredi pour résilier son contrat avec le club, tout frais champion d’Italie mais désormais désireux de réduire son train de vie.

Arrivé en 2019 sur le banc nerazzurro, Conte (51 ans) restera comme le technicien qui a brisé début mai la mainmise de la Juventus, nonuple championne en titre, et guidé l’Inter vers son 19e scudetto, le premier depuis 2010.

Mais le torchon brûlait avec ses dirigeants depuis plusieurs semaines et l’ancien sélectionneur italien (2014-2016), plus gros salaire du club, a fini par rompre son contrat qui courait jusqu’en 2022, sur fond de désaccord avec le propriétaire chinois Suning.

« L’Internazionale Milan annonce avoir scellé la résiliation par accord mutuel du contrat de l’entraîneur Antonio Conte », a sobrement écrit le club dans un communiqué. « Conte restera pour toujours dans l’histoire de notre club. »

En laissant partir son technicien, l’Inter va d’ores et déjà faire quelques économies: selon Sky Sport, Conte aurait obtenu 7 millions d’euros en compensation de sa dernière année de contrat, alors qu’il devait percevoir un salaire annuel de 11 ou 12 millions d’euros.

Plusieurs noms possibles ont été évoqués pour reprendre le flambeau sur le banc nerazzuro, à commencer par Simone Inzaghi (Lazio Rome) ou Massimiliano Allegri, l’ancien entraîneur de la Juventus (2014-2019) également convoité par les dirigeants de la Juve en cas de départ d’Andrea Pirlo.

– Fortes tensions –

Entraîneur ultra-exigeant au regard clair et à la tignasse sombre, Conte quitte Milan au sommet de la Serie A, après avoir décroché son quatrième scudetto comme technicien (après trois sacres conquis sur le banc de la Juve, outre un titre de champion d’Angleterre à Chelsea, notamment).

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Malgré de fortes tensions avec les dirigeants intéristes — il avait déjà menacé de claquer la porte à l’été 2020 — et les déceptions (2 éliminations en phase de poules de Ligue des champions), la greffe Conte a pris à Milan.

La première saison a été celle des promesses avec une deuxième place en Serie A derrière la Juve et une finale de Ligue Europa perdue d’un rien contre Séville (2-3). La seconde fut celle de la consécration avec ce 19e scudetto, décroché par une équipe à l’image de son entraîneur, devenue au fil des matches de plus en plus compacte et aimantée par la victoire.

Celui qui se définit comme un « marteau » a répercuté sa culture de la gagne à tous les étages du club et totalement reconstruit l’équipe avec des joueurs qu’il a fait grandir (Lukaku, Barella, Martinez) et d’autres qu’il a, parfois non sans mal, remodelés à sa façon (Eriksen, Perisic).

– Suning dans la tourmente –

Mais ces joueurs-là seront-ils encore à l’Inter la saison prochaine ?

A l’origine du départ de Conte, il y a les graves difficultés financières du club qui risquent de déboucher sur un grand chambardement à l’intersaison. Difficilement acceptable pour le fougueux entraîneur, qui rêvait d’entretenir la dynamique victorieuse de l’équipe.

L’Inter a enregistré la saison dernière des pertes de plus de 100 millions d’euros et Suning, géant de la distribution de produits électroniques qui possède depuis 2016 près de 70% des parts du club, est lui-même dans la tourmente, notamment en raison de la pandémie de Covid-19.

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Suning s’est ainsi désengagé du club chinois du Jiangsu FC, pourtant récemment champion, qui a dû mettre la clé sous la porte fin février.

Il y a cinq jours, l’Inter Milan a finalisé un accord avec le fonds d’investissement américain Oaktree Capital qui va lui apporter 275 millions d’euros sous forme d’un prêt.

Selon la presse italienne, le groupe Suning devra rembourser le prêt consenti par Oaktree Capital lors des trois prochaines années.

Dans ce contexte, Suning veut économiser au maximum aussi bien sur l’achat de nouveaux joueurs que sur leurs salaires, tout en cherchant une plus-value en cédant ceux ayant la plus haute valeur sur le marché, une démarche qu’Antonio Conte a apparemment jugée incompatible avec la volonté de jouer au plus haut niveau en Europe.

 

AFP

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