“J’ai lu et relu mon compatriote que le Goncourt célèbre” (Par Moussa Diaw)

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J’ai lu ‘’la plus secrète mémoire des hommes’’

J’ai lu le Goncourt 2021
J’ai lu les 427 pages du livre
J’ai lu et relu sans précipitation, sans hâte, sans idée arrêtée
Oui j’ai lu Mbougar sans œillères, sans conditionnement idéologique.

Suite à la clameur, je me suis promis de lire avant d’émettre un quelconque jugement.

Je me suis éloigné des polémiques stériles et puériles pour lire et apprécier.

Apprécier loin des nouveaux donneurs de leçons et de la doxa facebookienne ou médiatique.

J’avais envie de savoir pourquoi ce cercle des ‘’félicitations retirées’’ s’opposait aux souteneurs de Mbougar taxés de ‘’complexés toubabophiles’’?

J’ai lu pour ma propre gouverne, pour ma conscience, pour mon avis propre, loin du flux, loin du timeline des réprobations-condamnations et des commentaires de chroniqueurs médiatiques à la culture embryonnaire. Et comme toujours, à l’heure de la distribution algorithmique de l’information, les plus informés sont toujours les plus ignorants.

Alors, j’ai lu et relu mon compatriote que le Goncourt célèbre, j’ai lu l’auteur dont le Sénégal et l’Afrique s’enorgueillissent.

Et, je n’ai vu nulle part qu’il faisait l’apologie de quelque nouvelle valeur (déviance) qui soit aux antipodes des nôtres. Nulle trace dans ce livre! Mbougar est un écrivain. Un vrai.

Un écrivain qui lorsqu’il se décide à écrire, quand il a fini de répondre à la question existentielle, transporte son lecteur dans les pérégrinations de l’esprit et fait voyager son imagination dans les lointaines contrées de la réflexion profonde, avec style.

La plus secrète mémoire des hommes est une vraie perle littéraire de divers formats narratifs, sur fond d’enquêtes menées dans la fiction, la réalité et l’engagement anti colonial. Une réflexion globale sur la littérature et l’écrivain de manière générale, africaine et africain en particulier face à la perception que les bien-pensants de la Langue, ont de son œuvre. Une perle littéraire sur les sociétés africaines précoloniales et les stigmates de la colonisation. Une réflexion approfondie sur les nouveaux engagements sociaux et les revendications actuelles des peuples et c’est également un questionnement sur ceux qui les portent pour parler au nom du Peuple.

Le livre de Mbougar est un tout! C’est un ensemble d’interrogations existentialistes sur le passé, son impact sur le présent et de ce que le futur sera. Si pour l’écrivain, la question existentielle est ‘’Écrire ou ne pas écrire?’’, pour le lecteur, ce sera ‘’ faire ou ne pas faire?’’ en sortant de ‘’la plus secrète mémoire des hommes’’ si tant est qu’on a su lire.

Féliciter M’bougar et le soutenir n’est nullement un complexe ‘’toubabophile’’ mais bien au contraire l’encouragement de l’éclosion du génie sénégalais en lui et qu’on voudrait faire essaimer au sein de la jeunesse du Pays. Plus de Mbougar et moins de ‘’Barigo’’ et le Sénégal s’en portera beaucoup mieux! PS :Je préfère offrir Mbougar en exemple à la société plutôt que la troupe de troubadours et saltimbanques qui polluent nos espaces médiatiques par leurs analyses à 2 balles sur tout et rien!

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