L’Algérie organise un défilé historique pour les 60 ans de son indépendance

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L’Algérie célèbre en grande pompe le 60e anniversaire de son indépendance ce mardi 5 juillet. Après avoir déposé une gerbe au sanctuaire des Martyrs à Alger, le président Abdelmadjid Tebboune a passé en revue des unités de plusieurs services de sécurité avant de donner le coup d’envoi d’un défilé militaire d’une ampleur inédite.

Le président Abdelmadjid Tebboune et ses invités, dont le président de Tunisie, du Niger et du Congo, ont quitté la tribune officielle qui était dressée à côté de la grande mosquée sur la RN 11 à la sortie est de la capitale. Ont pris part au défilé les forces aériennes, navales et terrestres, la garde républicaine et des formations représentant les écoles militaires.

La parade a commencé avec un spectacle aérien, avec la participation des chasseurs Su-30MKA, Su-24, des avions de transports Iliouchine et des avions de transport Iliouchine de fabrication russe, des DC130, des avions américains. L’armée algérienne est en grande partie équipée par l’armement russe dont les chars T-55 et T-90 présents au défilé.

Au milieu d’une forte présence policière, les Algériens se sont rassemblés en masse au niveau de la promenade des Sablettes pour suivre le défilé, certains munis de drapeaux. Certains prenaient des photos. Des bâtiments environnants, on voyait des familles rassemblées au niveau des balcons pour suivre la parade, la première en 33 ans. Elle a duré deux heures.
Certains axes routiers d’Alger sont fermés depuis cinq jours, causant beaucoup de désagréments aux automobilistes.

Quel paysage politique 60 ans après ?

L’Algérie est une démocratie de façade, marquée par une forte répression, selon Madjid Benchir, ancien doyen de la faculté de droit d’Alger. Le multipartisme a remplacé le système de parti unique à la fin des années 1980. Même si le FLN reste aujourd’hui encore le parti qui dispose du plus grand nombre de sièges à l’Assemblée nationale.

Des dizaines de partis sont agréés, mais peinent à exister. Pour Louisa Dris Aït Hamadouche, professeur à la faculté des sciences politiques d’Alger, ces partis ne pouvaient pas déboucher sur une réelle alternative politique. Elle note que depuis 2019, leur marge d’expression s’est encore réduite et que les voix d’opposition sont quasiment « inaudibles ». Médias et partis politiques sont soumis à des pressions, parfois à des poursuites.

Plusieurs chercheurs estiment que le président Abdelmadjid Tebboune ne pouvait pas constituer une ouverture après les 20 ans de pouvoir d’Abdelaziz Bouteflika, dont il a été plusieurs fois ministre. Les présidents passent, indique Madjid Benchir, mais le système à la tête de l’Algérie, lui, ne change pas.

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