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Magal Touba 2018: C’est l’effervescence dans la Ville sainte…

C’est l’effervescence dans la Ville sainte. A l’occasion du grand magal, les fidèles mourides convergent à Touba pour commémorer le départ d’exil de Cheikh Ahmadou Bamba Khadimou Rassoul, date de la naissance de la confrérie, au XIXe siècle.

Cette date du 18 Safar a été choisie par Khadimou Rassol comme jour d’actions de grâce et de fête.

A rappeler que Touba occupe une place importante pour les talibés mourides. A cet effet, ces derniers et même des talibés d’autres confréries religieuses se préparent, activement pour ce grand Magal de Touba.

Ainsi, parmi les objectifs du Magal du Magal de Touba, on peut citer le domaine spirituel. Sur ce, rendre grâce à Dieu pour les bienfaits qu’Il a accordé à Serigne Touba, d’abord la lecture du Coran, des Khassaids et l’accomplissement de toutes autres activités spirituelles conformes à la Tradition Prophétique (Sunna), devient un impératif pour tout pèlerin.

Le Magal a aussi une dimension Sociale car, il offre à beaucoup de familles l’occasion de se retrouver. De nombreuses personnes, venues d’horizons différentes profitent de l’occasion pour organiser leur rencontre annuelle de famille.

C’est le lieu de magnifier ici le rôle important que le Magal joue dans le brassage ethnique entre les talibés. Si, contrairement à beaucoup d’autres pays africains, le Sénégal connaît très peu de conflits ethniques, c’est grâce également à de tels évènements qui regroupent des millions de personnes d’ethnies, de races, de conditions sociales différentes pour un même but : rendre grâce à Dieu et célébrer l’œuvre de Cheikh El Khadim. Sous cet angle, le Magal participe au renforcement de la cohésion sociale du pays.

On peut aussi dire que la paix et l’harmonie entre les confréries islamiques du pays sont favorisées par l’événement. Beaucoup de mouride aiment à inviter leurs amis et collègues des autres confréries (Tidiane, Khadres, Layene etc…). Ces derniers leur rendent bien l’appareil lors des Gamous et autres manifestations religieuses.

L’animation culturelle avant, pendant et après le Magal par des Conférences, débats, séminaires, chants religieux, etc.… à Touba, dans les médias, sur Internet…participe à l’éducation des talibés pour mieux s’imprégner des enseignements du Cheikh et à la diffusion du message universel de celui ci.

Dans ce domaine, il faut saluer les initiatives, depuis quelques années du comité d’organisation du Magal qui visent à créer des évènements pré-Magal de manière décentralisée à Dakar, Saint-Louis, Paris etc.… de même que l’excellent travail de Rawdu Rayahin sur les médias pendant la période du Magal et le jour même avec une rencontre débat entre tous les représentants de toutes les communautés musulmanes du Sénégal et d’autres pays.

La dimension économique du Magal est l’une des plus évidentes. Même si certains esprits tentent d’avancer que pendant cet événement le reste du pays est paralysé.

C’est méconnaître le rôle important que le Magal joue dans l’économie du Sénégal.

En effet pour certaines entreprises l’événement est même vital car le Magal peut représenter jusqu’à 60% de leurs chiffres d’affaires annuels.

Pour les entreprises de construction et les ouvriers du bâtiment, le Magal est une vraie aubaine. Plusieurs semaines avant le jour J, il est quasi impossible de trouver des ouvriers si on veut faire des travaux dans sa maison à Touba. Certains doivent même en amener d’autres villes du pays. Le Magal est donc un créateur d’emplois formidables.

C’est le secteur du Commerce qui, sans doute se taille la part du lion dans cette tentative d’analyse des retombées du Grand Magal. En effet pendant plusieurs semaines Touba se transforme en grand souk. Presque tout se vend comme de petits pains pour un marché immense de près de 4 millions de clients potentiels.

Beaucoup d’Industries du Sénégal connaissent leur meilleure période de vente pendant le Magal. Les usines pour la fabrication de nattes, d’ustensiles de cuisine, de glace, de matelas, d’eau minérale etc.…) ne parviennent pas en général à satisfaire la demande.

L’Agriculture, l’Elevage, l’Aviculture sont également très florissants avec le Magal. La consommation de couscous sénégalais, donc du mil est à son plus haut niveau. Les sociétés avicoles préparent des bandes de poussins chair spécialement pour le Magal tellement la demande est forte. Pour les éleveurs l’événement constitue leur période de traite. Les meilleures têtes de leurs troupeaux sont réservées à la vente à Touba car les mourides ont l’habitude d’acheter de gros bœufs pour le Magal « Nagu Magal ».

Le secteur des Télécoms n’est pas en reste. Même en temps normal, Touba est la deuxième ville, après Dakar en termes de nombre de lignes téléphoniques et d’appels entrants ou sortants pour tous les opérateurs. Durant le Magal Touba devient numéro 1 au Sénégal et certainement en Afrique pour le nombre d’appels de ou vers la Ville Sainte.

Notons que le Magal constitue également un moment où se rencontrent beaucoup d’hommes d’affaires pour nouer des partenariats divers. Certainement de nouvelles entreprises naissent de ces rencontres d’affaires durant le Magal.

La Dimension Festive

Comme le disait Cheikh Saliou Mbacke, le Magal c’est le « Berndèèl ». La qualité et la quantité des aliments et collations etc.… doivent permettre à chacun de sentir que le Magal c’est la meilleure fête qui puisse exister. Donner à manger est un acte fortement recommandé par l’Islam.

Sur ce plan il faut reconnaître que les talibés ont toujours fourni des efforts immenses pour rendre la fête belle. Dans presque toutes les familles ainsi qu’au sein des Dahiras, des bœufs, moutons et mêmes des chameaux sont immolés pour l’occasion. Une quantité astronomique de boissons, de gâteaux et de toutes sortes de mets sont offertes aux musulmans à Touba durant le Magal. Certains talibés reviennent de Touba chargés de produits alimentaires qu’ils offrent comme « Barkèlu » aux gens qui n’ont pas pu se rendre au Magal.

La Dimension internationale

C’est la période du Magal que choisissent en général les mourides de la diaspora pour venir au pays célébrer la fête et séjourner dans leurs familles.

C’est ainsi que, outre les vols réguliers vers le Sénégal, des vols spéciaux sont chaque année affrétés pour les besoins du Magal. Dans les aéroports de Madrid, Rome, Paris, New York etc.…même les occidentaux qui ne connaissent rien du Magal sentent que quelque chose se passe quelque part en Afrique à cause du nombre inhabituel de monde qui embarque vers le Sénégal.

On raconte que les talibés commencent à célébrer le Magal dans le ciel avec les avions spéciaux qui les amènent vers le Sénégal par la lecture du Coran et la distribution de « Café Touba ».

Les compagnies aériennes en arrivent aujourd’hui à appliquer des tarifs promotionnels pour le Magal.

Avec Cheikh Fatma Mbacke

 

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