Que serait notre société sans Jamra? (Par Moustapha Mbaye, Journaliste)

Le journaliste sociologue Moustapha Mbaye n’est pas allé par quatre chemins pour défendre sa position et renouveler son attachement à cette ONG islamique, Jamra. Sans verser dans la polémique, il opte pour une démarche plus fédératrice en rappelant les combats menés par Mame Mactar Guéye et Cie.

Voici in extenso, son texte publié sur sa page Facebook.

Que serait notre société sans Jamra?
Loin d’apporter la réplique aux doyens qui ont cosigné une longue tribune pour remettre l’Organisation islamique Jamra à sa place. Il s’agit d’apporter des précisions sur le rôle de censeur que joue cette organisation au sein de notre société qui tend vers l’anomie.
Dans ce débat sur la posture de Jamra et ses nombreuses plaintes qui tordent souvent le bras au Cnra, il semble objectif de ne pas en faire une affaire personnelle. Il est vrai qu’il est toujours à la première ligne ou au front, mais il n’est pas le seul. Mame Mactar Gueye a derrière lui Imam Massamba Diop, le président exécutif et des dizaines d’organisations de la société civile qui veillent sur le respect des valeurs cardinales. Tous les combats portés par l’organisation islamique ont fait l’objet d’une indignation populaire. D’ailleurs, c’est ce qui explique qu’ils ne sont jamais seuls dans leur démarche. L’affaire Rangou est encore fraiche dans nos mémoires. Qui parmi nous aimerait voir sa fille suivre les traces de cette jeune fille? N’a-t-elle pas besoin d’être raisonnée? afin qu’elle renonce à ses incitations à la débauche. Qui aimerait voir sa fille nue comme un ver de terre dans une série (cirque noir) Et si Jamra n’était pas là? pour lui dire basta! qui allait le faire ? ou bien il faut fermer les yeux en marmonnant que c’est sa vie ou c’est une fiction?

Nous savons qu’une société subit des mutations en permanence. Si elle ne sont pas encadrées par des superstructures ou une législation coercitive, elle peut se perdre au banquet du donner et du recevoir. Jamra n’est que la caisse de résonnance des guides religieux qui ne cessent de hausser le ton pour la préservation des valeurs. Le Jom, le Ngor, le kersa, le Fula et le fayda sont des constructions sociales résiduelles. Elles sont la marque de fabrique de l’homosenegalensis depuis l’époque des Ceddo, autrement dit, bien avant l’arrivée des religions révélées dans nos frontières. Dans les échanges, durant les batailles, dans la gouvernance… notre société s’adossait sur ces représentations pour une vie loyale et intègre.

Il est incontestable que l’entreprise de la cinématographie est en pleine ébullition. Elle est devenue un marché qui génère des milliards. A cet effet, les préoccupations de la grande royale de Cheikh Amidou Kane sur ses craintes envers l’école française me taraudent l’esprit. Ce qui nous permet de gagner de l’argent et d’offrir des emplois aux jeunes vaut-il ce qu’on va perdre? Nous savons tous qu’il est simpliste de vouloir comparer le cinéma de 1980 au cinéma de 2020. Une époque où des lobbies cherchent par tous les moyens à dicter leurs lois. Face à cette évasion du péril cinématographique faut-il rester les bras croises et dire que c’est de l’art ou c’est de l’inspiration? L’art peut être un venin qui empoisonne nos œuvres. On n’a pas besoin de faire de la philosophie pour argumenter cette thèse. Des centaines de séries sont diffusées chaque année et pourtant celles qui ont fait l’objet de plainte ne dépassent pas cinq. Cela veut dire que dans ce secteur, seuls les businessmans et d’affairistes se moquent de nos valeurs.
Le rôle que joue Jamra dans la société sénégalaise est comparable au cuisinier assis sur son tabouret pour observer le lait sur le feu. Soutenons cette organisation au lieu de l’affaiblir. Imaginez un Sénégal sans Jamra : les hommes s’embrassent publiquement, les filles se déshabillent à tout bout de champ… personne ne dit rien! Merci Jamra et travaillons à avoir plusieurs Jamra…
Moustapha Mbaye, Journaliste

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