Enfin, une chance pour devenir une vraie république ( Par Assane Bocar NIANE )

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En 1962, le Président SENGHOR liquide Mamadou DIA et prépare, à sa succession, le jeune Abdou DIOUF qu’il a rencontré depuis 1956. Il en fait un véritable défenseur des intérêts de la France et de la maçonnerie. Car la France est radicalement maçonnique. En 2000, une alternance redonne l’espoir au sénégalais. Le Président WADE, maçon ou ex-maçon, succède à DIOUF. Il tourne le dos, par opportunisme, aux intérêts de la France qui ne voulait pas le soutenir dans sa « dévolution monarchique ». Aujourd’hui, le Président SALL le remplace mais ne marque aucune rupture. D’ailleurs la sympathie qu’il témoigne au Président DIOUF fait peur aux gens avertis. En réalité, on n’est pas encore à la fin de la « Françafrique ». Ce programme du néocolonialisme qui consiste, pour la France, à sucer le sang africain jusqu’à la dernière goutte.

Ainsi, de la dictature senghorienne au multipartisme limité en passant par DIOUF et ses réformes, la situation politique sénégalaise va connaître des mutations drastiques dans son évolution. Cette variation s’est accentuée avec l’effondrement du mur de Berlin en 1989 : une répercussion du renversement du bloc soviétique qui va anéantir aussi le marxisme-léninisme, au vrai sens du terme, du terrain politique de notre pays. Finalement toutes les idéologies qui s’y trouvent s’effondrent. Désormais la politique qui s’y prévaut ne rend plus compte de l’existence indifférente d’un socialisme et d’un libéralisme. C’est une politique de démagogie qui s’y développe jusqu’à l’arrivée du Président SALL qui ne s’en distingue nullement.

Mais ceci va alerter certains jeunes compatriotes. Une solution politique de rupture devient imminente et indispensable. Le retour aux valeurs est posé par une jeunesse engagée. Le Grand Maodo est inscrit à « l’ordre du jour ». Désormais les Sénégalais sont invités à faire la politique autrement. Un jeune Inspecteur des Impôts, un pur fruit de l’administration, un syndicaliste qui a montré ses preuves, émerge et se fait remarquer dans sa manière de mener son action citoyenne. Son parcours et son discours attirent l’attention des sénégalais. Il s’appelle Ousmane SONKO. En communion avec un groupe de compatriotes très engagés, la campagne du « don de soi pour la patrie » est lancée. Ils en font leur propre devise.

Pour joindre l’acte à la parole, SONKO nous fait la plus belle démonstration : il accepte d’être radié des cadres de l’administration en choisissant les intérêts de sa patrie aux intérêts égoïstes et individuels. Il opte de dénoncer et de lutter contre les pilleurs des ressources de la nation au prix de sa vie et de tout autre avantage en acceptant d’être porté à la tête d’un parti politique de rupture.

A la question : « Pourquoi la création d’un Parti Politique… », voilà la pertinente réplique qu’il a apportée :

« Je dois d’abord rappeler que PASTEF est le résultat d’une longue réflexion portée, à l’origine, par un groupe de sénégalais de toutes origines socio-professionnelles. Le débat a été longtemps posé de savoir s’il fallait se constituer en parti politique, rejoindre une formation existante ou simplement créer un mouvement citoyen. La décision d’aller finalement vers un parti s’est fondée sur deux constats : l’essentiel des questions que nous soulevions, relativement à la gestion publique et aux politiques publiques qui étaient en cours depuis l’indépendance étaient d’essence foncièrement politique et appelaient un type d’engagement conséquent. D’autant que les mouvements et autres organisations civiles ont quelques fois tous les inconvénients des partis politiques sans en avoir les avantages : d’où notre décision d’un engagement politique. Le triste spectacle qu’offrait, et qu’offre encore l’élite politique, le même depuis plus de quarante ans, nous interdisait de rejoindre l’un de ces partis dits « grands​» et que nous confondons tous dans la même médiocrité qui nous a valu tout ce retard : d’où aussi la décision de créer notre propre formation. Celle-ci se veut patriotique, comme le rappelle notre slogan : « le don de soi pour la patrie ». Elle se réclame de valeurs cardinales que sont :

-le travail qui, érigé au rang de valeur incarnée par des dirigeants de qualité, se révèle source d’épanouissement individuel et collectif, au-delà de la rémunération matérielle qu’il procure ;

-l’éthique : pour nous, les bases éthiques du comportement individuel, chacun peut les puiser dans la religion s’il en pratique, dans la tradition s’il y est attaché, ou, en l’absence même de référentiel axiologique, dans la simple conscience que certains actes nuisent à l’intérêt collectif et donc, dans le long terme, à soi-même ;

-la fraternité qui est ce sentiment permettant de prendre conscience des autres, et de toujours tenter de concilier son intérêt propre avec l’intérêt des autres. »

Tout ceci se résume en un projet politique patriotique que presque tous les sénégalais prennent aujourd’hui comme leur propre idéal pour rendre au Sénégal son véritable profil d’Etat. Ainsi, ils s’adressent au compatriote Sonko et ses compagnons : « Ne nous trahissez pas. Ne trahissez pas le peuple sénégalais. Nous travaillerons et prierons avec vous afin que vous atteigniez ses objectifs qui sont les nôtres. Sachez que vous n’êtes pas meilleurs que nous, mais seulement que vous avez un leadership que nous partageons. Nous vous soutiendrons et, par cette action désintéressée et patriotique, nous parviendrons sûrement à l’émergence, puis au développement de notre chère patrie.

Ils se tournent vers le compatriote SONKO en lui disant : « Quand notre rêve de vous porter à la tête de la magistrature suprême se réalisera un jour, ce sera le moment d’honorer vos engagements pris aujourd’hui. Ce sera le moment de vous rappeler les propos du Président Obama : « l’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, mais d’institutions fortes. » Car des institutions fortes font que tout le monde, dans un Etat, exécute correctement la mission qui lui est assignée. Elles empêchent à un Chef d’Etat de tricher avec la légalité en manipulant des juges chargés de l’application des lois. Elles rendent un Président de la République responsable et respectable devant son peuple qui le prend comme le meilleur exemple de citoyen et le modèle idéal de leadership.

Cher compatriote, nous ne pensons nullement que vous êtes plus intelligent que le Président SALL, mais nous misons sur votre patriotisme, votre honnêteté et votre loyauté envers le peuple sénégalais. Nous sommes convaincus que vous ne trahirez jamais ce peuple qui vous a accordé sa confiance sans aucune condition.

Le concept « éthique » que vous avez intégré dans votre manière de faire la politique constitue un charme qui attire des masses. A vrai dire, une telle innovation montre que vous faites la politique autrement. Certes, la politique pratiquée au Sénégal, de l’indépendance à la naissance de votre parti, ne s’est jamais préoccupée de « morale ». Pourtant Père Kéba disait : « l’éthique devrait être adoptée par notre pays comme la mesure de toute chose car, accompagnant le travail, elle est la condition sine qua non de la paix sociale, de l’harmonie nationale, de la solidarité et du développement. Le travail et l’éthique sont les seuls outils du développement véritable. Nous devons les ériger en « principe premier » si nous voulons sortir notre pays de la misère. Il n’y a pas d’autres voies.

Cher compatriote, si vous voulez vraiment que notre patrie soit sur les rails, Père Kéba nous a déjà montré la voie : « Déterminons-nous à débusquer et à écarter sans complaisance, au besoin à punir sans faiblesse ceux qui ruinent ce pays ou le desservent : les corrompus et les antinationaux, les roublards et les paresseux. Cultivons l’honnêteté et le courage au travail. Que chacun, au poste où il est, du ministre au planton, du chef d’entreprise au manœuvre, considère comme reposant sur ses seules épaules, le destin de la nation. Inventons un système qui ne récompensera désormais que la compétence, le travail et la probité. Demandons-nous, chaque fois que nous sommes tentés d’avoir un comportement non éthique, ce que serait la vie si chacun faisait comme nous. Demandons-nous ce que serait une société de délateurs, de profiteurs, de voleurs, de corrupteurs et de corrompus, d’indisciplinés, d’insouciants, d’égoïstes et de fraudeurs. La liste est longue, mais la réponse est une : ce serait une société vouée à l’échec et peut-être à la déchéance et à la misère matérielle et intellectuelle. »

Cher compatriote, nous vous sollicitons pour la rééducation de notre peuple innocent et victime des pratiques politiques politiciennes de nos gouvernants depuis l’indépendance. Citons encore le juge Kéba MBAYE pour copier l’exemple des « … Marocains qui avancent à grands pas vers le développement… Quand on les interroge sur la situation de leur pays (dit-il), ils parlent non de politique mais plutôt d’éducation, de santé, de salubrité, d’ordre et de discipline…» A la différence d’un compatriote qui, quand on le questionne sur la situation du Sénégal, «… parle de remaniement ministériel, de querelles ou de limogeages politiques.» Il poursuit en disant : « que nos dirigeants politiques m’excusent. Mais ils savent tous comme moi que ce n’est pas la politique politicienne qui développe un pays…, que ce genre de politique est le métier le plus facile du monde. Il ne nécessite ni études, ni apprentissage. »

Cher compatriote, nous terminons tout en étant persuadés que le chemin que vous entreprenez est parsemé d’épines et d’obstacles, mais sachez que nous le prenons en même temps que vous par des actions et des prières. Que le Seigneur bénisse notre patrie.

Assane Bocar NIANE
Nord Foire, Dakar
assanebocarbaydi@yahoo.fr

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